Taxe d'habitation et logement secondaire : Êtes-vous concerné(es) ?

juin 2026
Résidence secondaire ou logement vacant : quelles taxes devrez-vous payer en 2026 ? Découvrez les différences entre taxe d’habitation, taxe sur les logements vacants, exonérations possibles et obligations déclaratives. Un guide pratique pour les propriétaires à Méribel, Courchevel et dans les stations de montagne.
Les 3 Vallées Astuces vacances

Depuis 2023, la taxe d'habitation sur les résidences principales a disparu pour tous les foyers français. Bonne nouvelle ? Pas si vite. Les résidences secondaires et les logements vacants restent pleinement imposables. Et la distinction entre ces deux catégories n'a rien d'anodin : elle détermine le montant que vous devrez régler, les exonérations auxquelles vous pouvez prétendre, et les démarches à accomplir.

 

Pour les propriétaires en stations de ski (Méribel, Courchevel et alentours), la question se pose avec encore plus d'acuité. Entre zones tendues et zones touristiques, majorations communales et obligations déclaratives, mieux vaut savoir exactement où vous mettez les pieds.

 

Ce qu'il faut retenir :

 

  • La taxe d'habitation reste due sur toute résidence secondaire, que vous l'occupiez deux semaines ou six mois par an
  • Un logement vacant (non meublé, inoccupé) peut être soumis à une taxe spécifique allant jusqu'à 34% de sa valeur locative cadastrale
  • Plusieurs cas d'exonération existent, notamment pour les personnes en Ehpad, les expatriés de retour et certains meublés de tourisme en zone rurale
  • N’hésitez pas à consulter l’ensemble de nos guides avant d’envisager l’achat de votre appartement à Méribel

 

 

Taxe d'habitation sur les résidences secondaires : qui est concerné en 2026 ?

 

Tout logement meublé qui n'est pas votre habitation principale au 1er janvier de l'année d'imposition est considéré comme résidence secondaire. Vous êtes redevable de la taxe d'habitation dès lors que vous en êtes propriétaire, usufruitier ou même locataire à l'année. Aucun seuil minimal d'occupation n'est requis pour déclencher l'imposition.

 

Concrètement, qu'est-ce que ça couvre ? Votre appartement à Méribel où vous passez les vacances d'hiver. La maison de famille en Bretagne occupée trois semaines en août. Le studio que vous gardez meublé "au cas où" dans une ville où vous ne vivez plus. Encore faut-il bien choisir son appartement à la montagne

 

Le critère déterminant, c'est le caractère meublé du logement et le fait qu'il ne constitue pas votre domicile principal. Peu importe que vous y dormiez deux nuits par an ou deux mois !

 

Quelques situations méritent une attention particulière :

  1. Les logements de fonction fournis par un employeur peuvent être considérés comme résidence secondaire si vous possédez un autre bien ailleurs déclaré en habitation principale
  2. Les locataires à l'année d'une résidence secondaire sont eux aussi redevables de la taxe, pas seulement les propriétaires
  3. L'usufruitier (et non le nu-propriétaire) est le redevable légal dans le cadre d'un démembrement de propriété

 

Un doute sur la qualification de votre bien ? Vérifiez votre déclaration d'occupation sur impots.gouv.fr. C'est elle qui fait foi auprès de l'administration fiscale.

 

Comment déclarer votre résidence secondaire aux impôts ?

 

Chaque propriétaire doit déclarer la nature d'occupation de ses biens immobiliers avant le 1er juillet de chaque année. Cette obligation, instaurée en 2023, concerne tous les biens détenus, sans exception, y compris les garages et dépendances.

 

La procédure se fait en ligne, sur votre espace personnel impots.gouv.fr, dans la rubrique "Gérer mes biens immobiliers". Vous y indiquez si le logement est occupé à titre principal, secondaire, loué ou vacant. En cas de location, vous devez aussi renseigner l'identité des occupants (nom, prénom, date de naissance).

 

Vous trouvez ça fastidieux ? Peut-être. Mais sauter cette étape coûte cher… L'administration applique une amende de 150 euros par local en cas d'oubli, d'erreur ou de déclaration inexacte. Et comme le fisc croise désormais les données cadastrales avec les déclarations de revenus, les incohérences se repèrent vite.

 

Comment se calcule la taxe d'habitation sur les logements de vacances ?

 

Le montant de la taxe d'habitation sur une résidence secondaire repose sur la valeur locative cadastrale du bien, revalorisée chaque année par un coefficient voté en loi de finances. Ce montant théorique est ensuite multiplié par le taux d'imposition fixé par votre commune et, le cas échéant, par l'intercommunalité.

 

Voilà où les choses se corsent pour les propriétaires en station.

 

Dans les zones tendues (communes où la demande de logements excède largement l'offre), les municipalités peuvent voter une majoration allant jusqu'à 60% de la part communale.

Méribel, Courchevel et la plupart des grandes stations alpines entrent dans cette catégorie. Un appartement dont la taxe de base s'élève à 2 000 euros peut ainsi grimper à 3 200 euros après majoration.


 

Élément de calcul

Description

Impact sur le montant

Valeur locative cadastrale

Loyer théorique annuel du bien

Base de calcul principale

Coefficient de revalorisation

Fixé chaque année en loi de finances (+3,9% en 2025)

Augmente la base chaque année

Taux communal

Voté par la commune (variable, souvent 15 à 30%)

Détermine le montant brut

Majoration zone tendue

Jusqu'à 60% de la part communale

Peut alourdir fortement la note

 

L'avis d'imposition arrive généralement au dernier trimestre de l'année, avec un paiement exigible en décembre.

 

Quelques exonérations et cas particuliers pour votre seconde résidence

 

Une exonération pour les personnes en établissement spécialisé

 

Si vous entrez en Ehpad ou en maison de retraite médicalisée, votre ancien logement principal (devenu de fait résidence secondaire) bénéficie d'une exonération automatique de taxe d'habitation. Cette mesure s'applique dès l'année suivant votre admission, sans démarche particulière de votre part.

 

Attention cependant : seul l'ancien domicile principal est concerné. Si vous possédez d'autres résidences secondaires, elles restent pleinement taxables. L'exonération ne porte que sur le logement que vous occupiez avant votre entrée en établissement.

 

Des exonérations en zones France ruralités revitalisation (ZFRR)

 

Dans certaines communes classées en zone France ruralités revitalisation, les meublés de tourisme classés et les chambres d'hôtes peuvent être exonérés de taxe d'habitation. Cette exonération n'est pas automatique : elle nécessite une délibération du conseil municipal avant le 1er octobre 2026 pour être applicable l'année suivante.

 

Côté formalités, vous devez déposer le formulaire cerfa n°13567*02 auprès de votre centre des impôts avant le 1er mars. Sans cette déclaration, pas d'exonération, même si la commune l'a votée.

 

Et dans le cas d'expatriés et situations exceptionnelles ?

 

Vous rentrez d'expatriation et conservez un logement en France que vous n'avez pas pu occuper comme résidence principale ? Une exonération reste envisageable, mais elle passe par une réclamation auprès de votre centre des impôts, accompagnée de justificatifs prouvant le caractère contraint de la situation.

 

Par ailleurs, si des raisons professionnelles ou familiales vous empêchent d'habiter votre bien (mutation, hospitalisation prolongée, procédure judiciaire), vous pouvez demander une exonération de la majoration en zone tendue. Le logement reste taxé, mais sans la surtaxe communale.

 

Taxe sur les logements vacants : une confusion fréquente

 

Qu'est-ce qu'un logement vacant taxable ?

 

Un logement vacant, au sens fiscal, est un bien non meublé et inoccupé depuis au moins un an (pour la TLV, taxe sur les logements vacants) ou deux ans (pour la THLV, taxe d'habitation sur les logements vacants). Le logement doit être habitable : raccordé à l'eau, à l'électricité, et disposer de sanitaires fonctionnels.

 

La TLV s'applique dans les agglomérations de plus de 50 000 habitants connaissant un déséquilibre marqué entre offre et demande. La THLV, elle, concerne les communes qui ont délibéré pour l'instaurer, y compris en dehors des grandes agglomérations. Un bien inhabitable (toiture effondrée, pas de chauffage, insalubrité avérée) échappe à ces deux taxes.

 

Calcul complet et taux des taxes sur les logements vacants

 

La base de calcul est identique à celle de la taxe d'habitation classique : la valeur locative cadastrale du bien. Ce qui change, ce sont les taux.

 

Pour la TLV, le barème est national et progressif :

  1. Première année de vacance : 17% de la valeur locative cadastrale
  2. À partir de la deuxième année : 34% de la valeur locative cadastrale

Le produit de la TLV est intégralement reversé à l'Anah (Agence nationale de l'habitat) pour financer des programmes de rénovation. La THLV, en revanche, applique des taux variables selon les communes et alimente directement le budget municipal.

 

Alors, comment éviter la taxation d'un logement vacant ?

 

Plusieurs leviers existent pour sortir votre bien du champ de la taxation. Le plus évident : le mettre en location. Un bail classique ou un bail mobilité (d'une durée de 1 à 10 mois, destiné aux étudiants ou travailleurs en mobilité) suffit à prouver l'occupation du logement.

 

Autre option : meubler le bien. Un logement meublé mais inoccupé bascule dans la catégorie "résidence secondaire", soumise à la taxe d'habitation mais pas à la TLV (souvent plus avantageuse selon les communes).

 

Si votre logement nécessite des travaux avant toute mise en location, l'Anah propose des aides à la rénovation. Le programme "Zéro Logement Vacant", porté par les collectivités, accompagne aussi les propriétaires dans leurs démarches. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre intercommunalité.

 

Démarches et réclamations : quels sont vos droits face à l'administration fiscale ?

 

Vous contestez le montant de votre taxe ou estimez bénéficier d'une exonération non appliquée ? Vous disposez d'un droit de réclamation encadré par le Code général des impôts. Le délai court jusqu'au 31 décembre de l'année suivant la mise en recouvrement de l'avis.

 

Deux canaux s'offrent à vous. Le plus rapide : la messagerie sécurisée de votre espace personnel sur impots.gouv.fr, rubrique "Écrire à l'administration". Vous pouvez aussi envoyer un courrier recommandé au centre des impôts dont les coordonnées figurent sur votre avis.

 

Pendant l'instruction de votre réclamation, vous avez la possibilité de demander un sursis de paiement. Concrètement, vous ne payez pas tant que l'administration n'a pas statué. Précisez-le explicitement dans votre courrier ou message, faute de quoi le sursis ne sera pas accordé.

 

Besoin d'une information rapide avant de lancer une démarche formelle ? Le service téléphonique des impôts (0809 401 401, appel non surtaxé) répond du lundi au vendredi. Les conseillers peuvent vous indiquer si votre situation justifie une réclamation et quels justificatifs rassembler.

 

Bien gérer sa fiscalité immobilière en station de ski

 

Les propriétaires à Méribel, Courchevel ou dans d'autres stations alpines font face à une fiscalité locale particulièrement élevée. La combinaison entre valeurs locatives cadastrales souvent généreuses et majorations en zone tendue peut produire des montants conséquents. Quelques leviers permettent de maîtriser l'addition et d’optimiser votre fiscalité.

 

Le statut de meublé de tourisme classé présente un intérêt fiscal réel en zone touristique. Si votre bien est classé et loué une partie de l'année, vous pouvez bénéficier d'abattements sur vos revenus locatifs (71% en micro-BIC pour les meublés classés, sous conditions). La location saisonnière régulière prouve aussi l'occupation du bien, ce qui évite toute requalification en logement vacant. N’hésitez pas à consulter notre guide complet de l'investissement LMNP à la montagne.

 

Attention à la cohérence de vos déclarations. Un bien déclaré "résidence secondaire" alors qu'il est loué 30 semaines par an sur une plateforme de réservation peut poser problème. Inversement, un bien déclaré "meublé de tourisme" mais jamais loué soulèvera des questions. L'administration croise les données fiscales, les déclarations d'occupation et les revenus déclarés en BIC. Les erreurs coûtent cher, et pas seulement en amendes : une requalification peut entraîner des rappels d'impôts sur plusieurs années.

 

Et si vous vendez votre bien ? Le notaire procède à un prorata de la taxe d'habitation entre vendeur et acquéreur, selon la même logique que pour la taxe foncière. La taxe d'habitation étant due par l'occupant au 1er janvier, c'est vous qui en restez redevable si la vente intervient en cours d'année. Le prorata négocié chez le notaire relève d'un accord amiable entre les parties, pas d'une obligation légale. Discutez-en lors du compromis pour éviter les mauvaises surprises.

 

Dernier conseil : consultez un expert fiscal spécialisé en immobilier de montagne. Les règles évoluent chaque année (nouveau zonage, modification des taux, réforme des meublés de tourisme). Un professionnel qui connaît les spécificités locales vous évitera des erreurs et identifiera des économies auxquelles vous n'auriez pas pensé seul.

 

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